Toru Hashimoto, le maire d'Osaka continue de provoquer avec la polémique des tatouages. Il a maintenant décidé que tout employé qui n'a pas répondu à son enquête sur les tatouages n'aurait pas de promotion et donc d'augmentation de salaire.
Que le maire d'Osaka veuille modifier les critères pour devenir agent municipal n'est pas un mal en soi mais il semble qu'un peu plus de discernement est nécessaire pour à la fois ne pas froisser les agents municipaux qui sont au service de la population et donc particulièrement nécessaire mais également parce que l'atteinte à plusieurs droits fondamentaux semblent être le chemin choisi par Toru Hashimoto.
Si quelqu'un a un tatouage qui n'est pas visible ou qu'il n'est pas en contact avec le public, cela ne devrait pas poser de problèmes. En revanche, entamer une chasse aux sorcières contre les agents qui n'ont pas répondu au questionnaire constitue un dérapage et une faute politique. Beaucoup de ses agents travaillent depuis longtemps pour la municipalité et beaucoup sont issus de certains quartiers populaires d'Osaka et ont eu, il est vrai, des liens avec les yakuzas et ont donc pour beaucoup des tatouage. C'est surtout vrai pour les éboueurs.
Imposer des règles nouvelles pour les nouveaux fonctionnaires sur la base de critères clairs aurait éviter de se mettre à dos les agents actuels qui ont besoin de travailler et qui ne pourront surement pas trouver un travail dans le privé.
De plus un tatouage n'a jamais priver personne de travailler normalement.
Le Premier Ministre Yoshihiko Noda a le plus grand mal à réunir une majorité pour faire approuver son plan d'augmentation de la TVA. Minoritaire au Sénat, affaibli à l'Assemblée Nationale parce que l'ancien chef du Parti Démocrate Ichiro Ozawa qui a le soutient indéfectible de nombreux parlementaires s'y opposent bloque les discussions au parlement pour une réforme économique qui doit faire que le " Japon ne devienne pas la Grèce de l'Asie ".
Tout est une affaire de reniement : Le Parti Démocrate avait prévu de ne pas augmenter les impôts dans son programme qui lui a permis d'accéder au pouvoir en 2009. C'est d'ailleurs pour cela qu'Ichiro Ozawa ne veut pas de cette augmentation. De l'autre côté, le Parti Libéral avait prévu cette augmentation dans sa plate-forme politique mais aujourd'hui refuse d'entendre parler d'un vote commun avec le Premier Ministre pour des raisons purement politiciennes dans l'espoir de regagner le pouvoir lors d'élections législatives anticipées.
Pays vieillissant avec des charges de sécurité sociales de plus en plus importantes alors que le nombre des actifs diminuent et une dette abyssale bien que détenu en propre (et non par des pays extérieurs comme dans le cas grec), le Japon mérite mieux que des bisbilles politiciennes et un faux débat de fond sur des questions essentielles. Malheureusement, une partie de la classe politique nippone joue avec le feu. Si ce débat ne peut avoir lieu au parlement alors oui il faudra demander son avis au peuple mais les partis politiques doivent être responsables et clair sur les positions et propositions.
Le maire d’Osaka Toru Hashimoto et le maire de Tokyo Shintaro Ishihara ont décidé de révolutionner la politique japonaise. Le maire de Tokyo a annoncé également qu’il allait créer une école politique pour recruter, former et présenter aux prochaines élections des candidats pour la « renaissance du Japon ».
Le maire d’Osaka avait également inauguré son école au mois de Mars. Les deux dirigeants se sont rencontrés à plusieurs reprises et malgré leur différences de fond sur certains sujets semblent prêt à renverser l’échiquier politique nippon.
Tous les deux sont réputés pour être des politiciens sans langue de bois, franc et ne ratent pas une occasion de critiquer les partis traditionnels et la bureaucratie tokyoïte quel soit du Parti Liberal ou du Parti Démocrate.
Les personnes intéressées peuvent envoyer leur candidature et assister ainsi à une série d’enseignements politiques avant de pouvoir, si sélectionnées, envisager une candidature dans une circonscription législative. Un processus étonnant et qui peut choquer mais qui est à mettre en balance avec le système traditionnel qui veut que les députés actuels sont souvent issus de grandes familles politiques qui se transmettent les mandats de père en fils (peu de fille désolé).
Shintaro Ishihara a déjà mentionné qu’il comptait se rapprocher de l’école de Toru Hashimoto mais également créer des établissements similaires dans d’autres villes japonaises.
La presse et les observateurs politiques ont qualifié ce mouvement de « populiste » et il est vrai que la manière dont est présenté ce nouveau mouvement politique rappelle la montée des partis populistes un peu partout en Europe. Les thèmes mis en avant part Hashimoto et son parti sont plus de décentralisation, moins de bureaucratie, moins d’impôts surtout si ceux-ci sont prélevés par le gouvernement central et puis….voilà.
Et oui voilà c’est tout et c’est bien là qu’est le problème…Créer une école politique mais pourquoi ? Les citoyens sont ils trop bêtes pour déterminer leurs idées par eux-mêmes ? Alors il faut les former ? Seuls les convaincus touché par la personnalité percutante et le franc parler de Toru Hashimoto viendront mais ensuite ? Sur quels thèmes et quel programme politique vont-ils se réunir ? Un parti Politique se forme parce qu’il y a des convergences en termes de valeurs et de convictions politiques même si c’est un parti contestataire! Les contestataires sont d’accord entre eux et forment un parti politique.
En l’occurrence, personne ne connait le programme politique de Toru Hashimoto. On le devine à peine. Surtout, il est en désaccord profond avec Shintaro Ishihara sur de nombreuses thématiques tel que le nucléaire ou la Défense. Et ce dernier joue un jeu étrange en critiquant l’establishment. Son propre fils est le porte-parole du Parti libéral qui ne manque pas de critiquer les positions du maire d’Osaka.
Le parti démocrate avait dans son programme en 2009 plusieurs des thèmes repris aujourd’hui par Hashimoto et après 75 ans de parti Libéral au pouvoir avait réussi à incarner un renouveau politique. Sa large victoire avait crée un espoir qui semble plus ou moins déçu après avoir envoyé déjà utilisé trois Premier ministres et renoncé sur un certain nombre de promesses. Pour moi, la situation ressemble étrangement à 1981 en France avec la victoire de la Gauche après de nombreuses années dominées par la Droite. C’est avec le tournant de la rigueur en 1983 que le Front National a commencé son décollage dans la vie politique française en jouant sur la ressemblance voir la connivence entre les partis traditionnels dans leur exercice du pouvoir.
Les élections législatives de 2013 au Japon sera le test pour confirmer ou pas que l’histoire politique est une éternelle répétition.
Lorsque je suis arrivé au Japon, j’ai toujours été étonné de constater que le base-ball, sport mineur en Europe est le sport le plus populaire au Japon.
Bien sur, ce sport est de plus en plus talonné par le football surtout depuis que l’équipe nationale japonaise obtient de bons résultats depuis la coupe du monde 1998. Néanmoins, le base-ball a à mon avis par le nombre de programmes télés diffusés, son audience, le nombre de jeunes qui pratiquent ce sport dès le plus jeune âge une aura différente par rapport au football.
Qu’est-ce qui peut expliquer que ce sport se soit développé au Japon ?
Bien sur il y a des raisons historiques comme par exemple l’occupation du pays par les Etats-Unis après la reddition du pays lors de la Seconde guerre mondiale. Les GIs ont du jouer souvent à ce sport et entrainer la création de nombreuses équipes et sa diffusion à travers le pays.
Cependant, je voudrais mettre en avant plus des raisons sociologiques pour expliquer les raisons de ce succès au pays du Soleil levant.
Je dois avouer que je ne suis pas fan de ce sport : sport monotone, haché et répétitif qui alterne phases de défense et phases d’attaque. Le seul moment vraiment actif est l’affrontement entre le lanceur et le batteur mais pourtant c’est un sport d’équipe.
C’est justement dans ce que je n’aime pas dans ce sport que les japonais y trouvent un intérêt.
Les japonais adorent les sports basés sur la répétition de gestes techniques qu’il faut répéter à l’infini. Bien sur, le sport est basé sur certaines techniques qu’il faut pratiquait pour parvenir à l’excellence mais il y a dans le geste du batteur et du lanceur une gestuelle que l’on retrouve moins dans le football ou dans le tennis. Certains vont me répondre mais non il y a les entrainements des tirs coup francs et du service. Je réponds oui mais le football ou le tennis ce n’est pas que ça ! Alors que dans le base-ball ce sont les seuls gestes nécessaires. L’activité physique est simplement basée sur la répétition des lancers et des lancers et encore des lancers. On retrouve cela dans le kendo sport basé sur trois ou quatre coups uniques à répéter à l’envie jusqu’à atteindre une certaine perfection.
C’est cette recherche de l’excellence individuelle, du dépassement de soi lié à une certaine philosophie zen ou alors voie du samouraï qui à mon avis a attiré de nombreux japonais vers ce sport américain.
Au football, la technique est importante mais en cas d’erreur, la notion d’équipe est plus importante. Le football ne serait ce que par les passes que chaque joueur doit faire, renforce le côté lien social et communication avec l’autre. Sans passe, pas de jeu possible, pas de victoire possible. Au base-ball, il suffit que le lanceur soit excellent par son jeu et l’équipe gagnera sans intervention des autres.
Sport haché : oui. Je pense que là aussi c’est lié à une certaine idée du temps. Au football, le temps européen est fait d’actions rapides, lentes mais il y a toujours de l’action. Le changement de rythme est primordial. Demander à un français ou un allemand de dessiner son idée du temps. Il dessinera une ligne. Un asiatique dessinera plus volontiers un cercle. Au Japon, le temps est plus lent, plus haché comme dans le sport. Le jeu de go, jeu ancestral alterne les phases d’attaque et de défense. Les échecs aussi mais les pièces sont multiples et avec différentes techniques ou caractéristiques. Elles ont besoin de jouer en équipe pour gagner. Comme au football.
Au final, le sport est le reflet des valeurs de chaque société. Si un sport est populaire dans un pays c’est parce qu’il fait partie de sa culture ou se rapproche des valeurs de la culture de ce pays. Sinon comment expliquer que le Rugby ait pu se développer autant parmi la population maori en Nouvelle-Zélande alors qu’à la base ce sport est celui de l’envahisseur anglais ? Bien sur, on peut dire que c’est parce qu’historiquement ce sport a été plus joué que le football par les colons. Honnêtement, je ne sais pas.
Pour le base-ball c’est pareil. Sport importé par les vainqueurs d’une guerre mais qui a su se développer dans parce que conforme avec les valeurs culturelles de ce pays.
Le problème est qu'on retrouve Richard Gere dans la pub qui est sensé joué un personage célèbre du cinéma japonais Tora-san, sorte de François Perrin nippon. Richard Gere est très populaire au Japon mais le public ne risque t-il pas de se perdre dans ce mélange de références. Je résume: un américain qui joue un personnage japonais et qui arrive en France pour faire la promo d'une boisson gauloise.
Les publicitaires il faut dormir la nuit....
Une estampe de l'artiste Utagawa datant du 19ème siècle fait le buzz au Japon. La raison est qu'il semble être y dessiné la silhouette de l'actuelle Tokyo Skytree tower, tour la plus haute du Japon et qui vient d'être achevée.
De plus, l'emplacement du dessin et de l'actuelle tour est le même dans le quartier d'Asakusa. Il n'y pas par ailleurs d'autres documents historiques rapportant l'existence d'un batiment à cet endroit.
Troublant...
Il y a un an déjà, je travaillais tranquillement comme d'habitude lorsqu'à 14h46 le tremblement de terre a bouleversé le Japon en cette année 2011.
Il y a fallu un peu plus de deux heures pour se rendre compte de l'étendu des dégâts au nord est du Japon. Il a fallu un jour pour apprendre qu'une central nucléaire avait complètement été inondée par le tsunami faisant peser sur l'ensemble du pays une menace à laquelle il n'était pas préparé.
Alors un an après, quoi de neuf au Japon?
Et bien, il y a maintenant toutes les semaines des manifestations contre le nucléaire à Tokyo. Les participants sont de plus en plus nombreux. Je dois avouer que j'ai moi même évolué sur cette question à cause des événements de l'an dernier. Je pensais que le nucléaire pouvait assurer une certaine indépendance énergétique dans un pays qui manque de ressources. Cependant, l'imprévisible, l'appat du gain au mépris de la sécurité, l'apparente maitrise de la technologie pour produire mais non pour stopper cette énergie soi-disant inépuisable tant qu'il y aura de l'uranium ont sérieusement entamé ma conviction politique pro-nucléaire. De nombreux japonais pensent comme moi.
La semaine dernière je suis allé dans un grand magasin Tokyu hands qui vend un peu tout et n'importe quoi. J'ai remarqué que de plus en plus de japonais étaients entrain d'acheter des lampes de poche, des kits de survie, de l'eau.
Peut être que le triste anniversaire, des réflèxes de peur ont ressurgi.
Aussi la peur qu'un tremblement de terre frappe Tokyo. A la fois le rapport qui affirme que le gouvernement japonais avait envisagé avec sérieux l'évacuation de 34 millionsde personnes et d'abandonner la capitale et les prévisions séismologiques que le Big one frappera avec 70% de probabilité sous quatre ans apportent de l'eau au moulin des catastrophistes.
Cependant, il faut se souvenir que la concentration d'êtres humains se fait toujours dans les zones les plus dangereuses. Tokyo, Mexico, Istanbul, San Francisco.
En 1929 Tokyo a dété été touché par un séisme dévastateur. Cependant à l'époque les dégats ont surtout été causé par les incendies dans une ville faites de maison en bois. Aujourd'hui les batiments sont plus hauts et la ville est un vrai labyrinthe.
Mais nous sommes en vie. 20000 personnes ont disparu l'an dernier. De nombreux réfugiés ont tout perdu. Une partie de Fukushima est inhabitable pendant de longues années. C'est cela le Japon de 2012.
Always est une série de films japonais qui se déroulent à Tokyo pendant les années 60. Cette année le troisième film qui retrace la vie de japonais normaux dans un quartier de Tokyo vient de sortir. Ce film plein de nostalgie d'un pays en changement qui découvre la télé, les jeux olympiques et devient un pays industriel qui n'a rien à envier aux USA ou puissances européennes.